Sollicitée il y a plus d’un an par le collectif Ouvrons les portes, la Halde s’est auto-saisie pour enquêter sur la non-mixité des internats de certaines classes préparatoires.
Selon la Halde, “aucun des arguments avancés par les autorités concernées lors de l’enquête ne permet de considérer que le fait de réserver les internats concernés exclusivement au garçons poursuivrait un but légitime, cette restriction étant essentiellement structurelle et issue d’un contexte historique largement révolu”.
La Halde confirme que cette discrimination selon le sexe renforce également des discriminations sociales. En effet, “les éléments financiers obtenus par la Hadle auprès des établissements concernés font apparaître que le coût de revient des études pour un interne est systématiquement moins élevé que pour les personnes hébergées hors de l’établissement, y compris dans le cas de conventions passées entre l’établissement et des foyers”.
Enfin, la Halde déplore, tout comme notre collectif, une réelle absence de volonté de la part des autorités concernées : “Les argument tenant aux difficultés pratiques de création d’un internat supplémentaire pour les filles ne font que confirmer l’absence de volonté, en l’état actuel, de les accueillir au sein des internats existants”. Elle pointe « la question du but poursuivi par une telle exclusion ».
Le collectif Ouvrons les portes se félicite de cette prise de position. La Halde donne ainsi raison à la mobilisation de notre collectif d’associations, des 3000 signataires de notre pétition, des lycéens concernés.
Nous suivrons de près la mise en place du « plan d’action afin de mettre un terme à l’existence des internats non mixtes » que la Halde recommande « au Ministère de l’Education nationale et au Président de la conférence des grandes écoles en collaboration avec les régions concernées ». Par ailleurs nous veillerons également à l’application des solutions alternatives et « à un coût égal » que la Halde « recommande dans l’intervalle aux établissement et aux régions concernées ».
Livio RS porte parole de Paris Montagne
>> Lire la réponse de la Halde
Hier, le collectif Ouvrons les portes a été reçu par l’équipe de direction et l’équipe pédagogique du lycée d’Etat « Résidence Jean Zay » dit Foyer des Lycéennes.
Mme le proviseur, Françoise Leblond nous a fait rencontrer les deux CPE avec lesquelles elle travaille, ainsi que les deux documentalistes en charge du CDI. Nous avons pu également visiter l’établissement.
Il y a une semaine nous avons réuni à l’ENS les différents acteurs qui ont un rôle à jouer pour mettre fin à la non mixité de certains internats de lycées avec CPGE en région Ile de France. Nous avons concentré notre action sur la région IDF où se trouvent l’essentiel des lycées à internat non mixte. Pour autant nous veillerons à ce que la situation évolue partout en France.
Question de Jean Luc Mélenchon et réponse du ministère de l’Education nationale : http://www.senat.fr/questions/base/2005/qSEQ051019861.html
Encore une fois, la question de la mise en mixité n’est pas décorrélée de l’agrandissement des internats… Or comme agrandir les internats est très couteux, cela prend du temps…
Et entre temps… pas de mixité, mais les éternelles solutions alternatives (utiles, mais pas suffisantes!)
Livio
Dans le Monde d’aujourd’hui : « La commission Juppé-Rocard propose de confier 200 millions d’euros à l’Agence nationale de renouvellement urbain pour financer 5 000 places d’internat pour le secondaire, mais aussi 15 000 places au bénéfice des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles, ainsi que 5 000 places pour des « internats de ville » communs à plusieurs établissements supérieurs. Cinquante millions d’euros sont également prévus pour financer des animateurs afin d’assurer le fonctionnement de ces internats. »




