Ouvrons les portes !
Pour un accès des filles à TOUS les internats de prépa

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9
nov.
2009
0 comm.

Le bureau de l’association des anciens élèves du Lycée Chateaubriand vient d’envoyer un mail d’information sur la pétition à tous ses contacts. Espérons que notre mobilisation vous aidera à aller encore plus vite.

Cordialement

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9
nov.
2009
0 comm.

Je suis entrée en classe préparatoire en 1994. Habitant en Corse, j’ai fait une année d’hypokhâgne à Aix-en-Provence et mes années de khâgne à Paris. Au lycée Paul Cézanne, à Aix, existait un internat pour filles. Mais pas à Claude Monet à Paris… La seule alternative qui subsistait à l’époque – du moins, selon mes recherches… ayant exclu d’emblée et par principe les internats catholiques –, c’était le Foyer des lycéennes situé à l’autre bout de Paris. Et surtout, ne voulant pas présumer de mon acceptation à Claude Monet, j’ai trop tardé à m’inscrire : il n’y avait déjà plus de places lorsque j’ai considéré cette possibilité.

En la matière, il y a donc une réelle discrimination concernant les filles, c’est certain. Mais je pense qu’il est important de préciser que mon expérience de « fille provincial pauvre » au Lycée Claude Monet à Paris à la fin des années 90 m’a permis de rencontrer une équipe enseignante alliant excellence et humanité. Les professeurs avaient conscience des difficultés que je rencontrais et ont tout fait pour me permettre d’épanouir mes talents littéraires. La classe préparatoire est une chance car, outre le fait qu’elle ouvre la porte des grandes écoles, elle permet de poursuivre un enseignement diversifié pendant deux ou trois ans.

Je crois que le problème dépasse le cadre d’une différence fille/garçon. Il est aussi social. À l’époque, j’étais boursière à critères sociaux. Et après le dépôt du dossier, il fallait attendre… le mois de décembre ! pour toucher de l’argent, certes de façon rétroactive, mais ce qui est tout de même peu pratique pour vivre trois mois, en prépa… L’ouverture des internats aux filles me semble une évidence. Tout comme l’adaptation des aides sociales aux étudiants. J’ai le souvenir d’un très brillant élève de lettres classiques qui a dû interrompre les cours en plaine khâgne car le salaire de son père, chauffeur de taxi – maigre salaire qui l’empêchait néanmoins de prétendre à une bourse – ne suffisait pas.

En parcourant les divers témoignages, j’ai remarqué qu’on parlait beaucoup de « reproduction sociale ». C’est évident. Je l’avais constaté à l’époque : beaucoup d’enfants d’avocats, de médecins ou de professeurs d’université parisiens. Là n’est pas vraiment le problème. Il me semble assez naturel que des enfants élevés dans une famille cultivée et ayant le goût des études se tournent vers des classes préparatoires. Mais la société change peu à peu. Par exemple, les écrivains, il y a un siècle, étaient pour la majorité issus de classes aisées. Aujourd’hui, davantage sont issus de classes moyennes. Il faut permettre aux enfants passionnés, quel que soit leur milieu d’origine, d’avoir la chance de poursuivre un enseignement de qualité. Et en la matière, il faudrait également que les classes préparatoires ne soient pas un jour menacées… Mais c’est un autre débat….

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13
oct.
2009
0 comm.

Non seulement l’internat d’Henri IV était-il interdit aux filles, mais également l’accès aux salles d’étude, les soirs et après nos 6h de devoir du samedi matin.

Un autre effet de cette discrimination hommes – femmes était le rapport des hommes aux femmes dans les études : les critères d’admission à l’internat d’Henri IV étaient d’abord sociaux (mais reproduction des élites oblige, les boursiers garçons seuls ne remplissent pas l’internat d’Henri IV), puis scolaires. Les meilleurs garçons prennent l’habitude de travailler entre eux, ce qui cultive leur sexisme sinon explicite du moins latent.

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1
oct.
2009
2 comm.

A Henri IV, il existe deux internats:
-L’internat Clovis, qui contient une quinzaine de chambres pour deux avec douches communes au bout du couloir.
-L’internat Descartes, qui contient quelque chose comme 200 chambres individuelles partageant une douche pour deux.
Ces deux internats sont situés dans deux bâtiments séparés et réservés tous les deux aux garçons. La raison évoquée étant que si une jeune fille mineure et interne tombe enceinte et qu’aucun père reconnaît l’enfant, le chef d’établissement devient le père de l’enfant (en tout cas c’était ce qu’on nous a expliqué à l’époque…) Ceci ne gêne pourtant pas le proviseur Louis-le-Grand! Et en plus les internats à LLG entrainent bien plus de promiscuité garçon-fille que pourrait en entraîner les internats Clovis et Descartes (enfin, à mon avis).

Pour ce qui est des chiffres, l’année en interne (donc logement + 3 repas par jour sauf week-end) c’est 2000€. En prenant en compte qu’un interne-externé (3 repas par jour sauf week-end) paye plus de 1500€ par an, ça ne fait pas bien cher la chambre d’internat.

Pour pouvoir comparer, mon foyer en première année m’est revenu à 7000€ dans les mêmes conditions qu’H4 (logement + 3 repas par jour sauf week-end) et 4000€ en deuxième année pour seulement le logement. Tout compte fait, ce n’est pas vraiment comparable…

Bon j’espère avoir amené quelques arguments!

Cécile, normalienne, ex-élèves d’H4 et de LLG

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29
sept.
2009
0 comm.

Je viens de Tours. Le lycée proposait une liste de foyers dont un affilié à Henri IV mais beaucoup trop loin. Ma mère s’est occupée des foyers : sur internet puis visite de plusieurs. On s’y est prises vers janvier/février de ma terminale. Ce qui est stressant c’est les listes d’attentes : on est pris au lycée mais pas forcément dans les foyers. Je suis allée à la maison des lycéennes rue Amyot. Très bien, foyer laïc (un des seuls du quartier  et pour moi ça comptait), assez de libertés par rapport à d’autres (pour inviter des gens, sortir…) , très proche du lycée, seul le petit déjeuner est fourni (donc j’ai été interne externe au lycée).Pour avoir une place en foyer, ils ne regardaient pas les revenus des parents, mais plutôt le dossier scolaire, une entrevue, etc. J’ai eu le mien du premier coup sans passer par l’énorme liste d’attente (400 demandes pour une trentaine de places). Conclusion : les foyers c’est assez cher, beaucoup plus que l’internat. En plus comme j’étais interne externe je payais les petits déjeuner du lycée aussi (sans les prendre au lycée). L’état des lieux est mieux que l’internat mais ils ont une chambre vers 80 euros le mois  (différence entre interne externe et interne). C’est totalement injuste que les filles ne puissent pas avoir droit à l’internat, surtout quand les parents ne peuvent pas payer de
foyer ou d’appartement. Discrimination sexuelle et sociale… J’espère qu’H4 aura bientôt son internat pour filles !

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