Ouvrons les portes !
Pour un accès des filles à TOUS les internats de prépa
25
nov.
2009
4 comm.

Hier, le collectif Ouvrons les portes a été reçu par l’équipe de direction et l’équipe pédagogique du lycée d’Etat « Résidence Jean Zay » dit Foyer des Lycéennes.

Mme le proviseur, Françoise Leblond nous a fait rencontrer les deux CPE avec lesquelles elle travaille, ainsi que les deux documentalistes en charge du CDI. Nous avons pu également visiter l’établissement.

Le premier constat est le suivant : le Foyer des Lycéennes bénéficie d’une équipe dynamique, avec une approche pédagogique qui se signale par sa différence dans le monde des classes préparatoires. Des enseignants sont ainsi disponibles à la demande, en soirée jusqu’à 23h pour répondre aux questions des élèves, approfondir certaines notions. L’élève est, dans une certaine mesure, acteur de sa formation. Il est libre de travailler en groupe dans les nombreuses salles mises à sa disposition, ou seul dans sa chambre, au CDI…

Une attention est aussi portée à l’état psychologique des élèves qui subissent la pression importante des CPGE. C’est aussi l’un des facteurs d’abandon et d’échec les plus fréquents en CPGE.  Des activités extra-scolaires sont proposées aux élèves, notamment pour ceux qui restent le week-end (ateliers photo par exemple). Une dizaine de jeunes femmes de deux ans plus âgées que les étudiantes, et étant passées par les CPGE, sont également logées sur place avec une mission d’écoute et de conseil.

Les lieux sont vraiment agréables à vivre (jardin, grande salle réservée aux élèves dite foyer dans le Foyer, salle de conférence. Par ailleurs cet établissement accueille et organise des conférences, rencontres, pièces de théâtre, soirées musicales… Ces évènements sont ouverts à tous : résidents ou public extérieur.

Enfin, et très important pour notre cause, le Foyer des Lycéennes est conçu de telle sorte qu’il pourrait être mixte. De façon simple certaines ailes du bâtiment pourraient être mises à disposition des garçons. D’ailleurs, le Foyer des Lycéennes fait déjà l’expérience de la mixité l’été, avec l’accueil de groupes d’étudiants préparant Science Po. De plus, le self est en libre accès, et de nombreux garçons s’y rendent le week-end.

Cette visite nous a permis aussi de clarifier un amalgame souvent fait (par Ouvrons les portes le premier!) entre les différentes sortes de « foyers ». En effet, le Foyer des Lycéennes malgré son nom est un Lycée d’Etat, ce qui le dote d’une offre pédagogique : une charge d’enseignement lui est affectée par l’Etat. L’existence de cette offre pédagogique le différencie des autres foyers et internats qui sont limités à l’offre d’un logement. En outre, c’est une institution laïque à la différence de nombreux autres « foyers ».

La visite de ce lieu nous a surtout permis de préciser notre vision de ce que devrait être l’offre de logement pour les étudiants en CPGE (et plus largement en études post-bac) : cela devrait être une offre diversifiée en terme d’accompagnement pédagogique, de services offerts sur le lieu de vie, d’accompagnement dans la vie étudiante aussi (orientation, soutien psychologique…). Le Foyer des Lycéennes représente un lieu qui est certes distant de certains lycées mais qui offre un accompagnement de qualité.

D’autres lieux, qui n’ont pas les moyens d’un Lycée d’Etat, pourraient offrir plus en terme de vie étudiante et moins en terme pédagogique, pour ceux qui en auraient moins besoin ou envie par exemple. Les étudiants devraient ensuite pouvoir faire leur choix vis-à-vis d’une telle offre. En effet certains étudiants préfèrent être autonomes, d’autres ont besoin d’un encadrement intense. Bien sûr le manque de places pour le logement étudiant rend un tel système de libre choix difficile à mettre en place. Dans l’idéal tous les étudiants en CPGE (et en université!) devraient pouvoir disposer d’un logement adéquat, mais il faut bien mettre des priorités d’accessibilité. Si on décide de donner la priorité aux étudiants boursiers ou éloignés géographiquement de leurs parents, alors ces étudiants devraient pouvoir choisir au sein d’une offre diversifiée en terme d’accompagnement. Le fait qu’ils soient filles ou garçons ne devrait en aucun cas être une contrainte ou un critère. Bref, une offre diversifiée, pour tous.

Aussi, nous retiendrons que si l’ouverture à la mixité est un combat, l’introduction d’un meilleur accompagnement pédagogique (où la liberté de l’élève s’exprime) et d’une plus grande offre en terme de vie étudiante est également un autre combat à mener !

Leïla & Livio

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4 commentaires à “Le Foyer des Lycéennes : un accompagnement exemplaire à proposer aux garçons aussi !”

  • Helene :

    Je découvre votre blog après avoir entendu parler de votre collectif à la radio. Cela me semble une bonne initiative. Bonne route.

  • Hélène :

    Pour avoir passé deux ans dans ma jeunesse au Foyer des Lycéennes, je ne suis pas sûre qu’il faille idéaliser ce lieu : à moins que les choses n’aient beaucoup changé (ce qui, après tout, est possible), l’accompagnement pédagogique proposé est assez léger : les professeurs sont peu nombreux et je ne suis pas sûre que le niveau de ce qu’ils proposent soit complètement adapté dans toutes les matières à toutes les prépas. Quant aux « jeunes femmes de deux ans plus âgées » qui auraient une mission d’écoute et de conseil (de mon temps, on les appelait des « maîtresses au pair), c’est, à quelques variantes près, ce qu’ailleurs on appelle des pionnes. J’ai le souvenir, personnellement, d’un lieu fonctionnel, mais assez anonyme et triste. Je me souviens d’un éclairage au néon dans les chambres particulièrement parcimonieux, et ce d’autant plus que l’interrupteur était ainsi fait que l’on pouvait éclairer le lit OU le bureau, mais pas les deux en même temps. Quant au quartier, c’est le seul moment de ma vie où j’aurai pu habiter le XVIème, mais enfin, si on n’est pas élève à Janson ou à Molière, on préférerait ne pas avoir à supporter deux fois quarante minutes de métro par jour. Bref, on pourrait attendre des rédacteurs de cet article qu’ils aient un peu plus de recul par rapport à la communication de la maison et ne reprennent pas à leur compte sans esprit critique des expressions toutes faites comme « être acteur de sa formation »…

  • Louise :

    Ayant passé également deux ans au foyer des lycéennes, en 2006-2008, j’en ai de très bons souvenirs, et il y a effectivement de très bonnes choses qui s’y font. Mais (et donc comme le dit Hélène attention aux plans com’ de l’actuelle proviseure, allez plutôt demander aux actuelles élèves) c’est également selon moi un des symboles d’une éducation nationale assez sclérosée, où les fonctionnaires sur place donnent relativement l’impression d’être planqués. Je me souviens qu’on avait demandé avec d’autres délégués que le foyer reste ouvert pendant les vacances de Pâques pendant lesquelles la grande majorité des filles passaient leurs concours, mais cela n’avait pas été accepté par manque de volontarisme honnêtement (l’internat d’Henri 4 par exemple le fait tous les ans, il y a une possibiilité de garder le foyer ouvert pendant les vacances légalement). Résultat: les filles issues de milieux modestes passaient leurs concours dans des conditions très difficiles, parce que nous étions censées loger chez nos « correspondants », mais évidemment pour la plupart des provinciales ou étrangères du foyer, nous ne connaissions à peine ce référent.
    A part ça je suis bien d’accord avec vous que de telles conditions devraient être étendues à d’autres ( et d’ailleurs cela devrait réellement être en priorité sur critères sociaux, ce n’était pas le cas, l’éloignement géographique jouant beaucoup plus).

  • Brigitte :

    Tout d’abord merci pour « les très bons souvenirs et les très bonnes choses qui s’y font» ;-) , dans ce lycée où je suis en poste depuis 2 ans… A ce titre, je souhaiterais user de mon droit de réponse et tempérer les propos de Louise, notamment en ce qui concerne l’ouverture du lycée pendant les vacances. Notre établissement est certes un internat mais aussi un centre de concours. Ceux-ci se déroulent pendant la journée et pendant les vacances, afin de ne pas gêner les élèves en temps scolaire. L’accueil simultané des candidats et des élèves poserait un réel problème de responsabilité vis-à-vis des élèves et ce d’autant plus que nous n’avons pas les moyens en termes de personnel et de budget pour assurer l’ouverture pendant les vacances. C’est aussi simple que ça. Pour mémoire je rappelle aussi que toutes nos élèves sont censées avoir un correspondant dans la capitale qui puisse les accueillir pendant les vacances. C’est une des conditions d’inscription, clairement affichée.
    Si finir à 20h pour les agents (je n’évoque même pas par décence l’heure de début de leur prise de service), 22h ou 23h pour les professeurs et CPE et repartir chez soi le soir en lointaine banlieue avec des temps de transport supérieurs à ceux de nos élèves scolarisées le plus loin du lycée c’est être planqué, même relativement… non je ne peux pas vous laisser dire ça !!!
    Enfin, je voudrais réagir sur un dernier point : le 21ème siècle est le siècle de la communication, elle est essentielle pour se faire connaître. Au Foyer des Lycéennes, oui nous avons des « plans com », toutes les grandes écoles en ont. Nous le revendiquons. Nos « plans com » ont un sens : communiquer le plus clairement possible sur ce que nous faisons, sur qui nous sommes, de façon à toucher des élèves qui ne pourraient pas intégrer une prépa si le Foyer n’existait pas…
    Le lycée organise des portes ouvertes les 6 et 13 février, les anciennes élèves qui souhaiteraient constater par elles-mêmes les changements opérés depuis leur passage au Lycée sont les bienvenues.
    Renseignements sur http://www.foyerdeslyceennes.fr
    Brigitte, professeur au Foyer des Lycéennes

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