En 1994, dans « Physiciens, physiciennes : une enquête auprès des normaliens et normaliennes scientifiques » de Michèle FERRAND et Françoise IMBERT, il était possible de lire :
« Ne doit-on pas plutôt analyser ce refus – la décision de ne pas prendre la voie royale des CPGE scientifiques – comme celui du contenu de la formation : centrage exclusif sur les maths et la physique, hyperspécialisation qui implique de renoncer à l’approfondissement d’autres disciplines ? Ou comme le refus des conditions de travail qu’impliquent les classes préparatoires scientifiques : pseudo-mixité (quelques filles au milieu d’une classe masculine), programmes démentiels, misogynie présumée, etc.
S’y ajoute un élément rarement pris en compte hors du discours des filles elles-mêmes : le faible nombre d’internats ouverts aux filles. C’est le cas du Lycée Louis le Grand, et banlieusardes ou provinciales acceptées dans ces classes préparatoires très réputées sont ainsi désavantagées par rapport à leur condisciples, qu’il s’agisse du temps de trajet ou des facilités matérielles offertes aux internes. L’internat, notent certaines des physiciennes que nous avons interrogées, c’est aussi la possibilité du travail en groupe, souvent beaucoup plus productif psychologiquement et intellectuellement que le travail solitaire… »
L’année suivante, en 1995, le lycée Louis le Grand avait un internat pour les filles.
En 1997, la question était mise en avant par Huguette Delavault et Claudine Hermann dans un rapport sur les filles en classes préparatoires. Aussi, depuis 12 ans, les associations Femmes et Mathématiques, Femmes et Science et Femmes Ingénieurs soulèvent la question des internats de filles en classes préparatoires dans tous les cercles où nous pouvons prendre la parole. Derniers exemples en date :
(1) Audition par Mme Gisèle Gauthier le 12 décembre 2007 sur le thème « Orientation et insertion professionnelle : vers un rééquilibrage entre femmes et hommes dans tous les métiers ».
(2) Entrevue avec M. Bernard Belloc, Conseiller du Président de la République pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche, le 31 mars 2008, à l’occasion d’une formation initiale des professeur-e-s à l’égalité entre filles et garçons.
(3) Compte rendu de la Délégation aux droits des femmes et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, le 15 avril 2008, à l’Assemblée Nationale.
(4) À l’Institut Emilie du Chatelet, dans le cadre d’un cycle intitulé « les résistances à l’égalité des sexes » au cours de la séance du 16 juin 2008 consacrée au système éducatif.
(5) Comité pour l’égalité professionnelle dans l’enseignement supérieur et la recherche, du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche le 6 février 2009 ; en présence de Madame Rebeyrol, chargée de l’égalité filles-garcons au ministère de l’éducation nationale.
Le combat pour la mixité dans TOUS les internats de CPGE est loin d’être nouveau. Espérons que la campagne du collectif « Ouvrons les Portes » fasse ENFIN changer les choses…
Véronique Chauveau, vice-présidente de l’association Femmes et Mathématiques





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