Ouvrons les portes !
Pour un accès des filles à TOUS les internats de prépa
29
sept.
2009
2 comm.

Je me suis retrouvée dans le cas que vous décrivez (mes parents habitent en Bretagne) et mon départ a été un peu difficile à organiser. Toutefois je tiens à souligner que des efforts non négligeables ont été faits, notamment avec la réservation systématique de places pour les élèves d’Henri IV à la résidence universitaire Pierre de Coubertin, dont j’ai bénéficié. Une liste de foyers était accessible sur le site du lycée. mais ceux ci sont assez chers ( de 400 à 600 euros par mois) sauf le foyer des lycéennes, mais qui est à au moins 40min de  H IV. De plus, impossible de trouver un foyer si on s’y prend en juin (quand les résultats d’admission tombent.). En « math spé », j’étais à la résidence universitaire Pierre de Coubertin, qui fonctionne un peu comme un foyer. Il m’a parfaitement convenu: à 10min à pied du lycée, chambres de taille convenable(14 m²), et règles tout de même moins strictes que dans certains foyers privés. La première année de prépa, je n’ai pas trouvé de place en foyer, car j’ai demandé une place trop tard. je crois que pour avoir une chance il faut faire les démarches au moins en mars voire en février, ce qui évidemment n’est pas l’idéal, si comme moi on n’avait pas encore décidé avec précision de son orientation ! De plus, je pense qu’il est nécessaire de visiter les foyers avant de s’y inscrire (ce qui n’est pas toujours facile quand on habite loin). Par exemple, l’étiquette foyer catholique correspond à des réalités bien différentes : ça peut aller du simple crucifix accroché dans un coin au foyer très « engagé » avec omniprésence de la religion…. de même pour les règles (ça va de « liberté surveillée » à fermeture du foyer à 22h, obligation de présence à tous les repas….). La première année, j’étais donc en appartement, ce qui ne revient pas à plus cher qu’un foyer (environ 400 euros par mois). mais là aussi, c’est difficile d’en trouver un si on ne peut pas se rendre sur place.

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2 commentaires à “Témoignage de Marie”

  • Gombaud :

    Bonjour,
    les politiques anti-discrimination partent d’une bonne idée. Le cas des internats des lycées parisiens doit toutefois être replacé dans le contexte de la vie étudiante à Paris.
    Quand j’étais interne au lycée Henri IV j’avais des amies qui bénéficiait de places dans des foyers pour jeunes filles, des résidences pour jeunes filles, des chambres pour jeunes filles. Globalement, quand on vient de province, il est beaucoup plus difficile de trouver un hébergement à Paris quand on est un garçon qu’une fille. D’abord, les foyers catholiques ne sont pas mixtes. Ensuite beaucoup de chambres de bonne, dans les beaux quartiers comme le cinquième, sont réservées par les propriétaires à de jeunes filles. Les étudiants masculins font plus de bruit, sont moins propres et moins sérieux etc. Les préjugés ont la vie dure. Tous les garçons qui en font la demande n’ont pas la chance d’avoir une place en internat. La galère est alors, pour eux, parfois plus difficile. Pensez-y également, derrière la question de principe il y a des réalités qui ne vont pas toujours dans le même sens. Et on pourrait compter le nombre de garçons qui abandonnent leurs études à cause de problèmes de logement. Je ne suis pas sûr qu’il soit moins élevé que celui des filles. Pouvez-vous, pour fixer les idées, recenser le nombre de chambres sur Paris réservées exclusivement aux étudiantes et nous faire parvenir ce chiffre pour compléter votre enquête. Merci de votre attention à ce témoignage, qui ne va pas tout à fait dans votre sens.

  • Jeanne :

    Bonjour,

    La situation est effectivement complexe. J’aimerais toutefois souligner quelques points.

    Si je comprends bien votre commentaire, vous parlez d’une discrimination anti-garçons concernant l’accès à un logement privé. Cela dépasse le cadre de notre plainte auprès de la HALDE, qui concerne la discrimination anti-filles vis-à-vis de l’accès aux internats de classes prépas, établissements publics.

    S’il est possible que des biais de type « discrimination anti-garçon concernant l’accès à un logement privé » existent, on peut noter qu’ils sont difficilement quantifiables. Et sont accompagnés d’autres phénomènes complexes (traduits par exemple par l’autocensure chez les jeunes filles) qui aboutissent tout de même, au final, à une moindre représentation des filles dans les filières sélectives.

    Notre action ne s’inscrit pas dans un monde idéal, et peut elle-même prêter à débat. C’est même souhaitable. Mais nous pensons que le fait qu’une fille ne puisse même pas postuler à l’internat, logement géré par une institution publique, est intolérable, surtout si elle vient d’un milieu modeste. Pour ces filles, la question n’est pas de savoir s’il est facile ou pas de se loger, mais de savoir s’il est possible ou non d’avoir accès aux classes prépas. Nous pensons que leurs motivation et résultats scolaires devraient leur donner accès à cette formation et à cette voie d’ascension sociale.

    Même s’il était avéré qu’il était plus dur pour un garçon de trouver une chambre, ça ne justifie pas qu’on éjecte les filles talentueuses issues de familles modestes d’établissements publics, sous prétexte que ce sont des filles…

    En conclusion, pour moi, on peut débattre de la façon de répartir les places à l’intérieur de l’internat, mais pas de la nécessité de les ouvrir aux deux sexes.

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