Je viens de Tours. Le lycée proposait une liste de foyers dont un affilié à Henri IV mais beaucoup trop loin. Ma mère s’est occupée des foyers : sur internet puis visite de plusieurs. On s’y est prises vers janvier/février de ma terminale. Ce qui est stressant c’est les listes d’attentes : on est pris au lycée mais pas forcément dans les foyers. Je suis allée à la maison des lycéennes rue Amyot. Très bien, foyer laïc (un des seuls du quartier et pour moi ça comptait), assez de libertés par rapport à d’autres (pour inviter des gens, sortir…) , très proche du lycée, seul le petit déjeuner est fourni (donc j’ai été interne externe au lycée).Pour avoir une place en foyer, ils ne regardaient pas les revenus des parents, mais plutôt le dossier scolaire, une entrevue, etc. J’ai eu le mien du premier coup sans passer par l’énorme liste d’attente (400 demandes pour une trentaine de places). Conclusion : les foyers c’est assez cher, beaucoup plus que l’internat. En plus comme j’étais interne externe je payais les petits déjeuner du lycée aussi (sans les prendre au lycée). L’état des lieux est mieux que l’internat mais ils ont une chambre vers 80 euros le mois (différence entre interne externe et interne). C’est totalement injuste que les filles ne puissent pas avoir droit à l’internat, surtout quand les parents ne peuvent pas payer de
foyer ou d’appartement. Discrimination sexuelle et sociale… J’espère qu’H4 aura bientôt son internat pour filles !
Je me suis retrouvée dans le cas que vous décrivez (mes parents habitent en Bretagne) et mon départ a été un peu difficile à organiser. Toutefois je tiens à souligner que des efforts non négligeables ont été faits, notamment avec la réservation systématique de places pour les élèves d’Henri IV à la résidence universitaire Pierre de Coubertin, dont j’ai bénéficié. Une liste de foyers était accessible sur le site du lycée. mais ceux ci sont assez chers ( de 400 à 600 euros par mois) sauf le foyer des lycéennes, mais qui est à au moins 40min de H IV. De plus, impossible de trouver un foyer si on s’y prend en juin (quand les résultats d’admission tombent.). En « math spé », j’étais à la résidence universitaire Pierre de Coubertin, qui fonctionne un peu comme un foyer. Il m’a parfaitement convenu: à 10min à pied du lycée, chambres de taille convenable(14 m²), et règles tout de même moins strictes que dans certains foyers privés. La première année de prépa, je n’ai pas trouvé de place en foyer, car j’ai demandé une place trop tard. je crois que pour avoir une chance il faut faire les démarches au moins en mars voire en février, ce qui évidemment n’est pas l’idéal, si comme moi on n’avait pas encore décidé avec précision de son orientation ! De plus, je pense qu’il est nécessaire de visiter les foyers avant de s’y inscrire (ce qui n’est pas toujours facile quand on habite loin). Par exemple, l’étiquette foyer catholique correspond à des réalités bien différentes : ça peut aller du simple crucifix accroché dans un coin au foyer très « engagé » avec omniprésence de la religion…. de même pour les règles (ça va de « liberté surveillée » à fermeture du foyer à 22h, obligation de présence à tous les repas….). La première année, j’étais donc en appartement, ce qui ne revient pas à plus cher qu’un foyer (environ 400 euros par mois). mais là aussi, c’est difficile d’en trouver un si on ne peut pas se rendre sur place.
J’ai eu une liste des foyers à la journée portes ouvertes du lycée Henri IV. Le seul foyer qui n’est pas privé se trouve dans le 16ème, donc avec un temps de transport important. Les autres foyers se remplissent très vite, j’ai du réserver une place dès le mois de février, donc plusieurs mois avant les résultats d’admission en prépa, ce qui pose problème puisqu’on nous demande un acompte. D’autre part j’étais mineure à mon entrée en prépa, ce qui ferme la porte à pas mal de foyers. En sup j’étais au foyer sainte marie, rue notre dame des champs dans le 6ème. Avantages : pas très loin du lycée, calme donc pratique pour travailler. Inconvénients : cher, demi pension (mauvaise) obligatoire, une douche pour 4 ou 5, religieuses pas très sympathiques, horaires de fermeture (23 h je crois, même le weekend), pas de possibilité de faire entrer des amis. Bref même si c’est propice au travail intensif c’est pas très folichon, donc en deuxième année j’ai pris un studio, ce qui était nettement plus sympathique et revenait finalement moins cher. J’étais alors interne externée au lycée, on était quelques unes dans ce cas, c’est une bonne formule parce que ça nous permet de rester travailler ensemble le soir, avec les internes. Voila, je ne sais pas si mon témoignage sera utile, en tout cas merci d’essayer de faire bouger les choses, la présence d’un internat pour les filles est vraiment une nécessité ; en plus de l’injustice financière l’abscence d’internat prive les filles des conditions de travail optimales (temps de transport surtout, mais aussi des problèmes d’intendance en tout genre etc).
Après mon bac, j’ai cherché une hypokhâgne à Paris ayant un internat ouvert aux filles et je n’ai trouvé que Louis le Grand dont l’internat m’a finalement été refusé sous prétexte que mes parents habitaient trop près (Marly-le-Roi, 78), alors que d’autres habitant Versailles (78) y ont trouvé une chambre, mais peu importe. Henri IV n’ouvre son internat qu’aux garçons, j’ai donc du le demander en 2e choix (après Louis-le-Grand, donc), pour des raisons de logement que je n’ai finalement pas eu. J’ai du vivre rue Gay Lussac dans un foyer catholique où les règles étaient très strictes et les prix élevés, alors que je suis athée. Une amie en math sup à Chaptal a du faire de même, l’internat y étant également réservé aux garçons.
Passé en prépa dans les années 80, je n’ai pu que constater sans pouvoir agir que les filles ne pouvaient y accéder, les plus fortunées pouvaient se faire payer un appart par leurs parents. D’autres devaient accepter la surveillance plus ou moins bienveillante de bonnes soeurs, d’autres encore avaient choisi des filières moins prestigieuses mais où un internat existait. Quand on sait combien l’internat a compté dans la réussite de ceux qui sont passés par là, il est clair que la discrimination dont souffre encore les filles au XXIème siècle est l’une des raisons de leurs sous représentation dans les filières les plus sélectives et donc dans les postes les plus prestigieux.
Novembre 2005. Les banlieues » brûlent ». L’état d’urgence est décrêté en France. Au même moment, au Forum Mondial des sciences à Budapest, une lycéenne présente un mouvement qui permet aux jeunes de découvrir le monde de la recherche en faisant des mini stages en laboratoire.
Si vous me lisez, j’en déduis que vous vous sentez concernés par la discrimination dont sont victimes les filles en prépa à propos des internats réservés aux garçons. Mais de là à vous engager, à signer la pétition, à en parler autour de vous… Et bien sachez que moi non plus je n’ai pas l’habitude de faire ça, loin de là (ça fait d’ailleurs tout drôle d’écrire ce billet), mais je vais quand même vous raconter pourquoi moi, un mec, passé par la prépa et qui a aimé ça, se sent concerné et a décidé de s’engager. Peut-être n’arriverais-je pas à vous convaincre mais au moins vous en saurez un peu plus.
Le collectif Ouvrons les Portes a recensé quinze lycées français dotés de Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) dont les internats ne sont pas accessibles aux filles. Six d’entre eux – dont le prestigieux lycée Henri IV – se situent dans la seule ville de Paris. À contrario, le collectif recense six lycées – souvent dotés uniquement de classes de BCPST - dont les internats sont exclusivement réservés aux filles.
Les lycées français proposent près de deux fois moins de lits d’internat aux filles qu’aux garçons. Un déséquilibre qui décourage de nombreuses jeunes femmes d’intégrer les classes préparatoires aux grandes écoles de ces établissements.




